EDITOS
Première lettre d'information du mécénat, disponible en intégralité par abonnement
Selon une enquête menée par HP France, la moitié de la valeur de son action
est liée à son image de marque. Or, la Responsabilité Sociale des Entreprises fait partie des 4 critères considérés comme influents sur la marque avec l’innovation, la culture d’entreprise et la
recherche & développement. Le mécénat fait donc partie intégrante de la valeur de l’entreprise, qui peut par ses actions philanthropiques développer son attractivité et sa
compétitivité.
En plus des entreprises, le mécénat doit son développement à des personnalités engagées telles que Maryvonne Pinault ou Madeleine Zepter. Madame Pinault a accepté de présider le Cercle Cressent
pour la renaissance des salles d’objet d’art du Louvre et s’engage dans le mécénat « de 7h du matin à 11h du soir » en mobilisant d’autres mécènes. Madame Zepter, européenne convaincue à la tête
d’un groupe de luxe, a créé une Fondation qui distribue des bourses à de jeunes musiciens, remet un prix littéraire européen ou a créé un théâtre lyrique à Belgrade.
Dans le domaine de l’éducation, la mobilisation des établissements d’enseignement supérieur pour mener des campagnes de fundraising bat son plein. L’école Polytechnique entame une campagne de
levée de fonds destinée à récolter 25M€ en 5 ans et l’INSA Lyon prépare le lancement de sa première campagne. Enfin, l’Université de Haute-Alsace a, également pour la première fois, initié une
opération de mécénat en nature à l’occasion d’une conférence avec un grand écrivain.
Si la législation française pour le mécénat est aujourd’hui l’une des plus
efficace d’Europe, une étude de l’amélioration de la loi est en cours. Le seuil du montant des déductions fiscales à 0,5% du chiffre d’affaire fait partie des points abordés. En effet, celui-ci
semble lourdement désavantager les TPE (Très Petites Entreprises) qui s’engagent dans des opérations de mécénat. Par exemple, une TPE de deux salariés ayant fait un don de 10 000€ n’a pu déduire
que 1 500€ la première année (3 000€ avec le report des déductions sur les années suivantes) alors qu’une plus grande entreprise aurait déduit 6 000€. Une évolution de la loi est donc nécessaire
pour ne pas pénaliser ces TPE et encourager le mécénat de proximité. Toujours dans le domaine juridique, il est également à noter un projet de loi pour le mécénat en Belgique, qui est le dernier
pays de la Communauté Européenne à ne pas être doté d’une telle législation.
Ces derniers jours ont vu la poursuite du rythme élevé de créations de fondations, avec notamment la création par le gouvernement de la Fondation pour la Biodiversité, qui sera dotée d’une équipe
de 10 personnes chargée d’encourager le mécénat d’entreprise. à noter également l’arrivée de la Fondation de Sub de Co Montpellier, de la Fondation du Football, de la Fondation Haute-Savoie
Avenir ou encore de la Grameen - Crédit Agricole Microfinance Foundation, pourvue d’un budget de 50M€.
Mais le développement du mécénat semble s’accompagner d’une surveillance accrue des organismes bénéficiaires, comme le montre la création du site Internet ONG-Scan. Celui-ci diffuse gratuitement
l’évaluation d’organismes d’intérêt général notés sur la base de 15 critères financiers et de gouvernance.
Le Ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables a commandé une étude sur le mécénat
environnemental que vous pourrez découvrir dans ce nouveau numéro. Une des principales recommandations de ce rapport est la création d’une Mission mécénat sur le modèle de ce qui existe au
Ministère de la culture et de la communication. L’environnement ne représente en effet que 5% du mécénat en rance, et les pouvoirs publics souhaitent inciter son développement pour les 20 années
à venir. Cette proposition est à rapprocher d’une récente déclaration de Bernard Laporte qui souhaite également que le mécénat sportif prenne son essor.
Du côté des mécènes, une nouvelle tendance semble émerger des états-Unis où une philanthropie proche du capital risque et s’adaptant bien aux valeurs de la société actuelle se fait jour. Ainsi,
Google.org va investir dans des entreprises solidaires avec une réelle attente de retour sur investissement. Le grand mécène américain Eli Broad, qualifié de « civic booster », applique ses
méthodes d’homme d’affaire à ses actions culturelles et médicales en souhaitant que ses investissements obtiennent des résultats tangibles.
Enfin, en cliquant sur les liens Internet de ce numéro de Mecen’Express, vous pourrez suivre en vidéo deux tables rondes sur le thème du mécénat culturel réalisées au Salon des entrepreneurs. Des
spécialistes du mécénat, des représentants d’institutions et d’entreprises mécènes y exposent le rôle de l’état, les spécificités du mécénat et les avantages qu’il apporte aux entreprises,
qu’elles soient grandes ou petites.
Celui-ci pourrait profiter au milieu de la danse, qui reste avec le théâtre le parent pauvre du mécénat culturel. Si les mécènes sont plus difficiles à convaincre pour les arts vivants, les compagnies de danse fournissent des efforts importants dans ce domaine. En effet, selon une enquête du Centre National de la Danse, 73% d’entre elles ont engagé une démarche de mécénat, essentiellement au niveau local (78%). Sur le plan national, BNP Paribas et la Caisse des Dépôts sont les deux principaux partenaires de la danse. En tournée en France, le théâtre russe du Bolchoi est en plein renouveau, avec d’importants mécènes, comme Rusal, Severstall ou des milliardaires russes.
Dans le domaine de la solidarité, le mécénat de compétence pourrait connaître un important essor si la proposition de Martin Hirsch pour transformer les jours de RTT non utilisés en tutorat ou mécénat était adoptée par le Sénat. En Chine, un projet de loi sera lui aussi étudié en mars 2008 . Mais celui-ci prévoit seulement l’émergence du mécénat, avec l’exemption de taxes sur les dons versés à des oeuvres caritatives. Le gouvernement chinois reste toutefois très prudent dans ce domaine pour ne pas prendre le risque de déstabiliser son régime.